• Philippe Moreau

Trans-Australia 2018 J 28

Mis à jour : 18 oct 2018

Etape 28 : 52km avant Madura - Madura // 52,10km – 9h04’


Quelques éclairs persistent encore au loin lorsque nous déposons Philippe au point de départ. Aujourd’hui sera comme prévu une petite journée, avec « seulement » 52km pour rallier le motel de Madura et laisser notre coureur se reposer jusqu’à demain matin.


Lorsque l’on ravitaille de nuit, et en particulier ce matin avec les longues lignes droites sur lesquelles nous avançons, on peut apercevoir la lampe frontale de notre coureur jusqu’à plusieurs kilomètres au loin. Une petite étoile parmi la multitude qui tapisse le ciel encore noir. Sauf que cette étoile, il faut la ravitailler. Difficile avec ce niveau de luminosité de juger les distances, et il faut savoir rester se tenir prêt à ravitailler Philippe, même lorsque celui-ci semble encore loin. Même son de cloche du côté de Philippe qui parfois aperçoit les phares arrière du véhicule, les imagine proches et pense que l’heure du ravitaillement est bientôt arrivée, alors qu’en fin de compte il lui reste plusieurs kilomètres de course avant la tambouille. Le coureur et le véhicule de ravitaillement, deux entités étroitement liées, qui ne font que s’attendre toute la journée, du début à la fin de la traversée…


Le soleil se lève et vient faire disparaître la brume qui stagnait entre les arbres. Les kangourous en profitent pour tranquillement rentrer se cacher. A noter qu’ils ont l’air moins « à l’ouest » -et pourtant ils le sont- que ceux croisés précédemment. Ils ne se jettent plus n’importe comment devant les véhicules et ont l’air de comprendre que la route n’est pas le meilleur endroit où vagabonder. Ils viennent s’y abreuver mais retourne bien prudemment dans les bosquets lorsqu’un véhicule arrive. Philippe accélère le rythme. Il doit sentir les rayons du soleil qui commencent à lui chauffer les mollets. Sauf que quelques kilomètres plus tard, la météo annoncée prend une autre tournure. Le vent se lève et les nuages se regroupent en grosses dépressions. Le tonnerre se fait de plus en plus proche. Attention, orage en vue…


Philippe passe néanmoins entre les gouttes. Ça devient une habitude. Le dernier kilomètre de l’étape, appelé « Madura Pass », est la seule véritable difficulté de la journée : une montée assez pentue, type « Mûr-de-Bretagne » mais version miniature, pour arriver jusqu’à Madura. Le lit de Philippe est toujours là, et il l’attend à bras ouvert. Juste le temps d’avaler son repas, et c’est parti pour un repos bien mérité. A demain.




Total de la distance parcourue : 2585 kilomètres

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