• Philippe Moreau

Trans-Australia 2018 J 14

Mis à jour : 18 oct 2018

Etape 14 – Yunda - Orrorroo // 100km – 15h49’

Deux semaines déjà que la course a commencé ! Les étapes s’accumulent et passent à une vitesse folle. Tous les gens ayant déjà été suiveur aux côtés d’un ultra runner vous dirons la même chose : sur ce genre de course, on ne voit pas le temps s’écouler. Ce matin nous retournons quelques kilomètres en arrière pour déposer Philippe. Puis l’on reprend notre marche en avant et traversons une nouvelle fois Yunta, notre ville hôte de la veille. 60 habitants pour quelques rues, une poste, un motel et une école où cette année seulement 6 enfants sont scolarisés ! Oui vous m’avez bien lu, six enfants ! Et si Yunta tiens le choc, alors que tous les ingrédients sont réunis pour qu’elle finisse comme la quasi-ville fantôme d’Olary que nous avons croisé hier, c’est assurément grâce à sa station essence, la première que l’on croise depuis Broken Hill, et qui fonctionne à « plein gaz » 7j/7, 24h/24.



Philippe trime ce matin. Pourtant le sommeil à été profond. Ça tire sur la cuisse, et toujours un peu sur le releveur. Il prend son mal en patience et une fois le 20ème kilomètre atteint, il adopte une posture à mi-chemin entre la marche et la course, mais avec une avancée qui frôle parfois les 7km/h. Niveau météo la fraîcheur est de retour et devrait nous accompagner jusqu’à demain soir, avant une nouvelle vague de chaleur à partir de dimanche.

Au 27ème kilomètre tout l’équipe est réunie à l’embranchement de la Orrorroo-Paratoo Road, la piste du jour sur laquelle Philippe va passer le restant de son étape. Seul le 4x4 peut accompagner notre coureur via cette route, alors le camping-car s’en va alors faire un détour d’une petite centaine de kilomètres jusqu’à Orrorroo, en passant par Peterborough. Sur sa route il va devoir passer la zone de quarantaine, limite sanitaire entre le New South Wales et l’Australie Méridionale. Cette inspection du véhicule à pour but de vérifier que nous n’emmenons pas des denrées interdites dans ce nouvel état. Evidemment chaque état à ses propres interdictions, qui sont aussi différentes selon l’état duquel vous venez. Dans notre cas, ce sont les fruits et les légumes que nous n’avons pas le droit d’amener avec nous. En effet, l’Australie Méridionale est le dernier état australien à ne pas être envahi de façon permanente par la mouche des fruits. Interdiction donc de ramener elle où ses progénitures avec nous. Les autorités prennent soin de vérifier chaque véhicule, et si jamais ils vous prennent à défaut vous pouvez être verbalisé.



Une fois le contrôle passé, il faut bien racheter des fruits. La halte à Peterborough tombe à pic : des oranges, des pamplemousses, des citrons, des ananas, des kiwis et des bananes garantis sans mouche des fruits ! Le temps de se balader un peu dans la ville et de s’apercevoir qu’elle dispose aussi d’un canon militaire datant de la seconde Guerre Mondiale (comme à Orange ainsi qu’à Parkes), et qui trône fièrement au milieu de son parc Victoria. Il faut savoir que pendant cette guerre, les Australiens ont joué un rôle crucial dans la bataille du Pacifique en combattant les japonais aux côtés du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Depuis cette guerre les Australiens ont d’ailleurs continué d’entretenir de très bons rapports avec les Etats-Unis. Ce qui ne m’étonne pas du tout au vu du nombre incroyable de similitude entre leur histoire et leur culture. La seconde guerre mondiale aura cependant été plus compliqué pour les communautés allemandes établies en Australie. A Peterborough par exemple, les personnes originaires d’Allemagne se sont vues mises à l’écart et méprisées, et les noms des rues aux consonnances trop germaniques ont même toutes été remplacés pendant la guerre.



Pendant ce temps sur la piste, Philippe continue de difficilement cohabiter avec la gravité. Quatre chutes aujourd’hui, record à battre. Ce qui n’arrange pas l’état de sa main, dont la plaie était pratiquement guérie. Une seule voiture de croisée aujourd’hui, et manque de chance celle-ci débarque pendant la sieste de Philippe, et gratifie l’équipe de quelques coups de klaxons bienveillants. Chuuuuut, y’en a qui essaient de se reposer…<

Encore une étape où notre coureur termine éreinté, normal me direz-vous lorsque l’on court plus une distance à trois chiffres… L’équipe le récupère 11 kilomètres avant la fin de cette piste piégeuse, et le ramène directement au motel où un bon repas chaud l’attend. Un poulet au schnitzel bien évidemment. A demain.





Total de kilomètres parcourus : 1337,8 km

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