• Philippe Moreau

Trans-Australia 2018 J 07

Mis à jour : 18 oct. 2018

Etape 07 – Mount Hope – Tryba // 90,5km – 15h17’

Lever 3h15, départ 4h. L’équipe commence à être parfaitement rodée, et tout le monde s’active à remplir son cahier des charges matinal. Une vraie petite fourmilière. Sur le chemin du départ, des dizaines et des dizaines de kangourous bordent les deux côtés de la route, formant comme une haie d’honneur pour nous emmener jusqu’en ce début d’étape. Le jour se lève et nous continuons d’en croiser régulièrement. Il semblerait qu’ils soient d’ailleurs très friands des jaunets bordant la route, puisqu’on en surprend régulièrement le nez dedans.

Philippe est comme un fou en ce début de journée : il court de nouveau. Un peu comme un aveugle à qui on aurait rendu la vue. Hallelujah mes frère, et tout ça à des milliers de kilomètres de Lourdes ! Mais attention je ne parle pas non plus d’une foulée de marathonien. Cependant, comparé à l’étape précédente on note une belle amélioration.

Il fait déjà chaud en ce début de matinée. Nous continuons de longer la voie ferrée, et nous continuerons demain encore, ainsi que le jour suivant. Rien de bien sorcier donc. On étudie même l’éventualité de blinder les poches de Philippe de gâteaux et autres sucreries, et d’aller l’attendre tranquillement 300 bornes plus loin…

L’étape se poursuit tranquillement. On peut officiellement dire qu’aujourd’hui est la journée la plus calme que l’on ait connu sur les terres australiennes. Sur les 15 heures d’étape nous n’allons croiser qu’une seule voiture. Et deux trains. Même les oiseaux se font plus rares. Une seule habitation au compteur, et encore c’était une casse à la limite de l’abandon… Autant vous dire que si vous chercher un peu de tranquillité, l’état du New South Wales se fera une joie de vous accueillir !


Au 55ème kilomètre nous quittons, après l’avoir traversé pendant plus de 100 kilomètres, le Nombinnie Park, une réserve naturelle de plus de 70 000 hectares formant l’un des plus grands blocs continus de Mallee. Le Mallee (qui n’a pas d’équivalent français et est un terme anglophone provenant de l’aborigène) n’est pas un arbre à proprement parler, mais plutôt une forme bien particulière. Il regroupe toute sorte d’arbre (bien souvent des eucalyptus) qui, partant d’un même point, se divise en plein de tiges dès la sortie du sol, lui conférant une très jolie forme « d’arbuste géant ».


Une fois sortis de ce parc, le paysage s’ouvre alors à nous, révélant d’interminables champs de steppe, parsemés de moutons et de kangourous. Les mouches viennent quant à elles nous titiller les narines en fin d’étape, mais compte-tenu de la température plutôt élevée et du peu de vent aujourd’hui, je voudrais même les remercier car je les ai trouvées assez relax.

Philippe, lui, accuse le coup. L’alternance course/marche aura été très énergivore, et il termine les 20 derniers kilomètres en marchant, complètement épuisé. La nuit tombe aux alentours de 18h30, nous offrant un superbe coucher de soleil. Nous continuerons d’accompagner Philippe pendant deux heures encore dans la nuit noire.

Il est assez drôle de voir à quel point les kangourous sortent tous d’un coup une fois la nuit tombée. Surtout dans des endroits aussi paumés que celui-ci. Lorsque la voiture roule ils se mettent tous à courir dans la lumière des phares, assez aléatoirement il faut l’avouer, mais sans donner l’impression d’avoir peur du véhicule comme c’est le cas en journée. Comme s’ils étaient beaucoup moins craintifs la nuit. Allant même parfois jusqu’à pivoter d’un coup sec sur eux-mêmes, et venir se taper contre le véhicule, alors que nous sommes pratiquement déjà arrêtés… je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils ne respirent pas l’intelligence, mais on a quand même l’impression que quelque chose leur échappe…


Nous laissons Philippe terminer ses 5 derniers bornes tout seul et partons monter le campement quelques kilomètres plus loin. La voilà cette première nuit de bivouac tant attendue ! On installe les deux tentes, matelas, oreillers et sacs de couchage, on cale la table de camping au milieu de tout ça, Jean-Michel retourne chercher Philippe puis installe le 4x4 et le luminaire sur le côté, un bol de riz et, et, et… au lit !



Total de kilomètres parcourus : 663,8 kilomètres


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