• Philippe Moreau

Trans-Australia 2018 J 01

Mis à jour : 18 oct. 2018

Etape 01 : Sydney – Wentworth Falls // 98,02km – 13h52’

L’attente est enfin terminée ! Il est 3 heures du matin et toute l’équipe est debout. Le temps d’avaler notre petit-déjeuner, de boucler nos sacs et nous voilà en route vers la ligne de départ. L’Opéra et l’Harbour Bridge sont toujours là, immobiles et illuminés au milieu de la baie que l’on n’a jamais vu aussi silencieuse. Tout le monde prend le temps d’apprécier cet instant.

Il est 4h30 et Philippe s’élance, non sans une certaine émotion, dans les rues quasi-désertes de Sydney. Il est vrai que comparé aux journées de repérage, ce départ au petit matin est une vraie promenade de santé. D’autant que les premiers kilomètres sont maintenant connus de tous. Premier ravitaillement et le jour se lève déjà. Un coup d’œil en arrière permet d’apercevoir la city qui se réveille avec les premières lueurs du jour. Superbe. Deuxième ravitaillement et le trafic commence à se réveiller lui aussi. Il fait maintenant complètement jour et pourtant il n’est que 6h du matin. On enlève la lampe frontale et autres luminaires accrochés à notre coureur, et on le fait bifurquer sur la Parramatta Road.

Cette route, pas forcément très fun à courir est néanmoins nécessaire pour sortir au plus vite de la ville. Elle se présente sous la forme d’un gros « boulevard de la consommation » où s’accumulent concessionnaires automobiles, fast-food et magasins en tout genre. Philippe avance d’un bon rythme, allant même jusqu’à griller la plupart des feux piétons afin de ne pas faire chuter sa vitesse moyenne de croisière.


Au 23ème kilomètre, notre coureur s’offre une piste cyclable sur quelques kilomètres. Une récompense de courte durée car aussitôt terminée nous embranchons sur la « Great Eastern Highway », une autre voie rapide tout aussi dénuée d’intérêt que la première. Les kilomètres défilent et le trafic augmente de plus en plus. Philippe passe son premier marathon au bord de cette route, une banane à la main et une barre de chocolat dans l’autre. Allez, encore 90 autres marathons et l’arrivée sera toute proche !

Nous traversons progressivement la périphérie de Sydney et arrivons dans la ville de Penrith. La tendinite au talon qui fait souffrir notre coureur depuis plusieurs jours maintenant l’oblige à varier son pas de course, optant de temps à autre pour des foulées plus légères. La technique fonctionne, soulage Philippe et rassure toute l’équipe.


Au loin, les Blue Moutains se rapprochent à toute vitesse. Cette chaîne de montagnes (qui fait partie de la Cordillère australienne) porte d’ailleurs très bien son nom. Car depuis notre position, ces reliefs donnent véritablement l’impression d’être bleus. Alors qu’en réalité ce sont seulement les essences des forêts d’eucalyptus qui génèrent ces teintes lorsqu’elles sont observées d’assez loin.


Laure et Serge nous rejoignent sur l’heure du midi aux commandes du second véhicule, un immense camping-car recouvert d’autocollants à l’effigie de la course. C’est à l’intérieur de celui-ci que Philippe dormira les soirs de bivouac. Mais l’heure n’est pour l’instant pas au sommeil car viens la difficulté du jour : une côte, que dis-je un véritable mur que Philippe choisit de gravir en marchant et à l’aide de bâtons, tel un randonneur alpin. L’ascension est courte mais extrêmement raide. Néanmoins, et mis à part sur ces premiers jours de course, le dénivelé ne sera pas une donnée importante de la course. On peut même dire que la plus grosse côte du parcours est maintenant derrière Philippe.


La fin d’étape nous voit revenir sur la « Great Eastern Highway », maintenant perchée sur un plateau à environ 700m d’altitude et qui s’en va traverser la « ville de Blue Moutains ». Ville qui en réalité s’avère être un long ruban urbain constitué de nombreuses agglomérations : Faulconbridge, Springwood, Warimoo (qui fête ses 100 ans cette année) et j’en passe, sont autant de villes faisant partie de cette alliance, matérialisée par une ligne ferroviaire que nous n’aurons de cesse de suivre en cette fin de journée.


Fin de journée où l’on retrouve un soleil qui tape dur (28°C au compteur du véhicule, mais les UV ici sont bien plus fourbes qu’en France), un trafic intense et un vent violent qui balaie la route avec de fortes bourrasques. Philippe accuse le coup aux alentours du 75ème kilomètre. Et pour cause, cela fait plus de trois mois et la « MiL’KiL » qu’il n’a pas à couru autant de kilomètre en une seule journée. Mais notre coureur s’accroche. Le thermomètre fini par redescendre en fin d’après-midi, octroyant à Philippe un regain d’énergie. Il termine même l’étape en grignotant quelques kilomètres sur celle de demain. Au final 98,02km en 13h52’. Comme un chef.






Total de la distance parcourue: 98,02 kilomètres.

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